strophe
Communautés peu avouables
Tiédeur et tolérance. – Les animaux à sang chaud tolèrent parfois leurs congénères. De la tiédeur échangée naquirent la bienveillance et même la tendresse, accidents merveilleux de la phylogenèse.
Dans la revue Nature, édition spéciale. – On vient de trouver l’organe du langage ! C’est la société.
– On en compte des milliers.
Du unterzeichnest mit einem Tröpfchen Blut (Faust, v. 1737). – En 1842, à l’Université de Berlin, quatre jeunes neurophysiologistes, dont Helmholz, firent le serment de « prouver la justesse de la vérité fondamentale selon laquelle les forces physiques ou chimiques, à l’exclusion de toute autre, agissent sur l’organisme ».
Mais pourquoi le scellèrent-ils de leur sang ?
Les véritables contributions à la science attendent encore, pour être discernées, la fin de l’interminable décrépitude des idées communes.
Preuve transcendantale. – L’homme est un animal rationnel, bien qu’aucun homme ne le soit.
Völkisch. – Merveilleuse synthèse d’individualisme libéral et de collectivisme aveugle, la niaiserie identitaire vous impose une appartenance d’autant plus nécessaire que vous ne pouvez la choisir.
Univocité. – Ceux qui prêchent que les mots n’ont qu’un sens veulent nous faire parler d’une seule voix.
Comment se fait-il que le nationalisme soit sans frontières ? – La sottise aussi.
Les infinies différences entre les hommes, fondements inébranlables de leur égalité.
CEE préhistorique. – Au bon vieux temps, la Tamise se jetait dans le Rhin.
Les Européens se croient-ils donc les indigènes de l’universalité ?
Les mots du poème, en bons petits démocrates, conviennent bon gré mal gré de s’accorder ensemble.
– Dans mes strophes, la majorité relative suffit.
Dans le discontinu, comme les oiseaux du ciel. – Parmi les nations prédatrices, forts de nos désillusions, dépasser l’insurmontable.
A contribution to the Crosswords print issue by François Vaucluse for La Mer gelée, Paris/France
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